Disciples missionnaires du cœur eucharistique de Jésus

Père Jacques Roger
Avec les disciples missionnaires du Cœur Eucharistique, nous avons reçu le père Jacques Roger, du pôle Perche Sud : celui-ci nous a parlé de la vocation du prêtre et de sa mission dans notre monde ; voici quelques extraits de son témoignage : « La première mission du prêtre, c’est d’annoncer l’Evangile. Pour l’annoncer, il faut d’abord le vivre. J’en suis de plus en plus persuadé, l’annonce de l’Evangile est d’abord une vie, une manière d’être dans la vie. Je crois que notre attitude, notre être même parle plus et mieux que nos paroles, même si des paroles sont importantes parce que le prêtre est l’homme de la Parole. Mais sans la vie, sans l’amour des personnes, la parole est vide. Nous ne sommes pas Jésus et il y aura toujours un écart entre nos paroles et nos actes : c’est souvent notre souffrance et notre tâche est de tenter de réduire cet écart, d’ajuster notre vie à nos paroles. Ce qui me console en cette douloureuse perception de cet écart, c’est de dire au Seigneur : « pauvre de moi mais riche de toi ! » Dans le rite de l’ordination, quand l’évêque confie la patène et le calice au prêtre qu’il vient d’ordonner, il dit : « Recevez l’offrande du peuple saint pour la présenter au Seigneur » et il ajoute trois choses :

· Prenez bien conscience de ce que vous ferez

· Vivez ce que vous accomplirez

· Conformez-vous au mystère de la croix du Christ.

 Une des principales souffrances de beaucoup de prêtres, c’est de percevoir que Dieu est le grand Inconnu, que beaucoup de gens imaginent Dieu à partir d’eux-mêmes, c’est-à-dire qu’ils lui prêtent leurs sentiments : « de temps en temps il est bien luné, de temps en temps il est mal luné » ! On entend bien : « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu, pourquoi ai-je telle épreuve ? » Mais cela n’est pas le vrai visage du Dieu de Jésus-Christ qui a pris sur lui toutes nos épreuves, qui a souffert par amour pour nous et nous a donné sa vie sur la croix. Nous avons ce grand désir de manifester le vrai visage de Jésus mais la grosse difficulté aujourd’hui ce n’est pas de donner cette nourriture (la catéchèse) mais de susciter la faim et la soif de connaître qui est Dieu, d’approfondir le mystère de l’Eglise. C’est la grosse difficulté pour moi : nous ne manquons pas de propositions, mais lorsqu’il n’y 

a pas la soif, lorsqu’il n’y a pas le désir !!! D’autre part le défi aujourd’hui est de s’adresser à des personnes qui sont dispersées, dispersées intérieurement, écartelées par mille et une sollicitations. Les gens ont trois ou quatre choses à faire en même temps. Le temps est « haché », et l’on a du mal à faire des choix ! Heureusement il y a la richesse des rencontres gratuites ou fortuites, en particulier les visiteurs de l’église de Bellême, les services envers les personnes souffrantes et dans la précarité. Un beau signe qui nous est donné de temps en temps et que l’on reçoit comme un cadeau : la venue de catéchumènes adultes ou de recommençants. Et aussi la « première annonce » dans les rencontres personnelles : familles se préparant au mariage ou à des funérailles. Dans chaque rencontre, on s’expose un petit peu comme croyant. Libre à l’autre d’adhérer ou non. »

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