Méditation Eucharistique de janvier


Textes de A. Triponez sur le Cœur Eucharistique de Jésus. (1959) Puis méditation du père Daniel Ange : 2003 (l’Eucharistie chair de l’Amour) 

« C’est le Cœur de Jésus nous donnant la Très Sainte Eucharistie. Venez adorons-le. » (invitatoire de l’office du Cœur Eucharistique de Jésus)

C’est ainsi que l’Eglise, dans sa liturgie, définit la raison du culte rendu au Cœur Eucharistique.

En instituant l’Eucharistie, Jésus veut nous donner, dans un signe expressif, permanent et efficace, la preuve suprême de l’amour brûlant qu’il porte aux hommes. Ce signe, c’est le sacrement de son Corps livré à la mort pour leurs péchés et ressuscité pour les rendre participants de sa vie divine et de sa charité.

L’Eucharistie, c’est le Verbe incarné représenté et rendu présent sous les apparences du pain et du vin, perpétuant l’acte d’amour rédempteur par lequel il nous a sauvés. Le Verbe, en s’incarnant, proclame cet amour infini de Dieu.

Sacrement de la charité, il signifie davantage que le souvenir de la bienfaisance et de la miséricorde passées du Sauveur. Il est le signe efficace de son amour actuel, par lequel il nous applique les fruits de la croix, pour l’accroissement et l’unité de l’Eglise.

 Sacrement de la charité, il signifie et il répand, par la communion, la charité du Seigneur dans le cœur de tous les chrétiens. Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde avec lui se met à la disposition de ceux qui deviennent « les siens » par la foi et par le baptême, jusqu’à la fin des siècles. En se donnant à eux par la communion, il leur inocule la contagion de sa charité pour Dieu et pour le prochain. 

Une table servie est de soi un signe d’amitié et le moyen de l’entretenir et de l’intensifier. Le voici, à la messe, à la disposition de tous les chrétiens pour leur appliquer les fruits de sa mort et de sa résurrection et pour les stimuler à glorifier la Très sainte Trinité par l’oblation de leur vie avec la sienne . 

« Prenant du pain, nous dit saint Luc, et rendant grâces, il le rompit et le donna à ses apôtres en disant : prenez et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous ! »(Luc 22, 13-19) 

Offrons-nous à Dieu avec lui ! 

Pendant notre adoration silencieuse, ouvrons -nous dans la foi à cet amour infini de Dieu envers nous : voici son Corps, son Cœur eucharistique, présent, « livré pour vous », et donc « pour moi » en cet instant. Le bienheureux Guerric d’Igny insistait : Rappelons-nous toujours en effet, que si ce n’était pour nous, il ne serait pas né ; que si ce n’était pour nous, il n’aurait pas voulu vivre, que si ce n’était pour nous, il n’aurait pas voulu mourir : pour lui-même il n’en n’avait pas besoin. C’était pour que nous aussi, nous renaissions par lui, nous vivions selon lui, nous mourions en lui, lui qui vit et règne dans tous les siècles des siècles. Amen. »( Guerric d’Igny 3° sermon pour la nativité) 

Ce que le Cœur Eucharistique attend de ses fidèles, c’est qu’ils portent au monde engourdi dans l’oubli de Dieu la lumière de la foi et la chaleur de l’Amour. Opposer à l’oubli de Dieu la mémoire fidèle de sa révélation méditée fréquemment ; de ses bienfaits consignés dans la Bible, dans l’Histoire de l’Eglise et dans notre propre existence ; de sa présence permanente au milieu du monde. Présence eucharistique du sauveur qui assure la vitalité de son Eglise, qui la nourrit et qui la fait croître en nombre et en sainteté. Devenir par lui et pour lui : « les rayons qui s’échappent du Cœur de Jésus fournaise ardente de charité. » De son précurseur, Jésus a fait son éloge : il était un feu qui brûle et qui éclaire ! Devenir au cœur du monde frappé d’amnésie spirituelle cette lampe qui réveille ou encore cette voix qui crie dans le désert !